La Kraut Line: jouer, servir et protéger

Par Josie Lemieux – Consultante – @HockeyPsyched – Force mentale – Contrôle émotionnel

Dans la LNH, une première ligne demeure toujours la colonne vertébrale de l’équipe pour commencer le match, lui donner le ton approprié, rester sur la glace pendant de nombreux shifts et généralement mener en points.

Le centre, l’ailier droit et gauche ne doivent pas seulement travailler en coordination, ils doivent jouer et vivre à travers 3 dynamiques : la chimie sur glace et hors glace, la fiabilité et le respect pour leur équipe et leurs coéquipiers.

Certaines lignes sont légendaires. Pour les Bruins de Boston, l’une d’entre elles était sans aucun doute la Kraut Line : Milt Schmidt, Bobby Bauer et Woody Dumart.

Le trio a grandi à Kitchener, Ontario, Canada.

En 1936, alors que le trio était impliqué dans le club école de Boston, Albert Leduc, des Canadiens de Montréal, les appelait « les Sauerkraut » et les désignait comme tels.

« Kraut » peut être utilisé comme diminutif de choucroute, un repas de chou allemand. Cependant, cette définition n’a rien à voir avec nos attaquants des Bruins. Pendant les deux guerres mondiales, le terme « Kraut » était un terme péjoratif utilisé par l’armée américaine pour identifier un Allemand, et surtout des soldats allemands. Pire, dans mon français natal, « Kraut » est lié aux mots « boche », « caboche »,  ou « cabochon », qui signifie « stupide, idiot ». Même aujourd’hui, ce terme est toujours considéré à juste titre comme offensant pour les Allemands.

Cependant, Schmidt, Bauer et Dumart n’ont jamais souffert de préjudice par rapport à leur sunom. Ils n’ont fait preuve que de grandeur pour leurs racines étrangères.

En 1937-1938, Milt Schmidt, Bobby Bauer et Woody Dumart ont commencé le hockey ensemble, étaient des colocataires et leur attachement, sincère et direct, demeure toujours légendaire.

Ils ignoraient complètement que leur arrivée dans la LNH à Boston serait marquée par deux événements historiques : la Seconde Guerre mondiale imminente et deux Coupes Stanley en 1939 et 1941.

En 1939-1940, bien que les Bruins n’aient pas gagné la Coupe, la Kraut Line représentait les 3 meilleurs marqueurs de la LNH : Milt Schmidt (52), Dumart et Bauer (43).

Ils ont vécu, joué et ont également servi ensemble pendant la guerre, de 1942 à 1945, au sein de l’Aviation Royale Canadienne. Ils étaient partenaires non seulement au hockey, mais aussi dans la vie. Ils ont défendu leur sport mais aussi leur liberté.

Lorsque la paix est revenue dans le monde à nouveau, ils sont retournés sur la glace. Tout simplement.

La Kraut Line fut « coupée » en 1947, à la suite de la retraite de Bobby Bauer, qui a complété sa carrière dans la LNH avec 259 points en 327 matchs et impliqué dans la fondation de la véritable équipe internationale de Hockey Canada. Woody Dumart a pris sa retraite en 1954, avec 430 points en 774 matchs et est même devenu marqueur officiel au Boston Garden. Quant à Milt Schmidt, il a pris sa retraite l’année suivante en 1955 avec 575 points en 776 matchs. Il a également entraîné les Bruins pendant 726 matchs après sa retraite et dans les années 1960. Schmidt est le seul Bruin qui a été joueur, capitaine, entraîneur et directeur général. Il a également considéré comme celui qui a « découvert » un joueur inconnu mais habile de 12 ans nommé Bobby Orr.

Aujourd’hui, la Kraut Line ne peut être revivifiée que par des lectures et des souvenirs. En 1964, à l’âge de 49 ans, Bobby Bauer jouait au golf lorsqu’il a subi une crise cardiaque. En 2001, à l’âge de 84 ans, Woody Dumart participait au Ray Bourque Night et tomba soudainement malade. Il est décédé la même nuit. En janvier 2017, à l’âge de 98 ans, Milt Schmidt était le joueur le plus âgé de la LNH. Alors qu’il résidait dans une maison de retraite de Boston, il a subi un accident vasculaire cérébral.

Le temps passe vite, mais l’histoire demeure. C’était une ligne d’hommes forts, dévoués, loyaux et engagés. Heureux, non pas en termes d’argent et de matérialisme, mais de volonté, de notoriété et de service aux autres.

Le moins que l’on puisse faire, c’est ne jamais les oublier.

Photo Credit: By redsox20041027 (Flickr: Banner City) [CC BY 2.0], via Wikimedia Commons

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